
La Semaine de l’art abstrait – Une chose en entraîne une autre
Francis Picabia était un maître dans l’art de transformer ce qui existe en quelque chose de nouveau. Il fut l’un des premiers défenseurs de l’abstraction en France, et aussi vite qu’il en devint connu, il l’abandonna pour autre chose. Picabia traversa plusieurs phases stylistiques différentes au cours de sa carrière. Il était également un maître de l’appropriation, transformant le travail des autres en son propre travail, et l’art du passé en art du futur. Son œuvre est actuellement présentée dans une rétrospective au MoMA de New York intitulée Francis Picabia : Nos têtes sont rondes pour que nos pensées puissent changer de direction. En célébration de l’ouverture à la transformation, voici cinq autres expositions actuelles d’art abstrait présentant le travail d’artistes qui embrassent l’évolution, la modification, l’appropriation et le changement.
Jack Davidson : fumer une cigarette, embrasser un homme, CB1 Gallery, Los Angeles
Exposition jusqu’au 23 décembre 2016
Se terminant cette semaine, cette exposition présente de nouvelles œuvres de l’artiste écossais Jack Davidson. Les œuvres exposées sont des collages réalisés par Davidson lors de sa récente résidence à Yaddo. Ils représentent la dernière transformation d’une évolution continue commencée en 2012 lorsqu’il a commencé à peindre des carnets de croquis avec de la peinture restante. Ces pages de croquis ont ensuite servi de base à une série de petits collages, sur lesquels il a fondé une série de grandes peintures, qui ont inspiré ces collages de grande envergure.
Jack Davidson - Yaddo Collage 1, 2016, papier peint sur papier, 60 x 44 pouces, crédits photo de l’artiste et CB1 Gallery
Thomas Olbricht : Mon Monde Abstrait, me Collectors Room, Berlin
Exposition jusqu’au 2 avril 2017
Le me dans me Collectors Room à Berlin signifie énergies mouvantes. Cet espace invite des collectionneurs privés à exposer publiquement leurs collections. Actuellement, Thomas Olbricht présente sa vaste collection d’art abstrait rassemblée au cours des 30 dernières années. Il a également aménagé l’espace avec des magazines et des sièges pour encourager des moments transformateurs d’inspiration, permettant aux visiteurs de prendre plus de temps pour réfléchir à leur relation avec l’art.
Katharina Grosse – sans titre, 2015, copyright VG Bild-Kunst, Bonn 2016, photo de Roman März, Berlin
Robert Rauschenberg, exposition rétrospective, Tate Modern, Londres
Exposition jusqu’au 2 avril 2017
Peu d’artistes ont incarné avec autant d’ingéniosité et de beauté les notions d’appropriation et de transformation que Robert Rauschenberg. Exemple emblématique : son iconique Monogramme, mettant en scène une chèvre empaillée enveloppée dans un pneu trouvé. Cette œuvre majeure et des centaines d’autres sont présentées dans cette exposition complète, qui réunit plusieurs de ses œuvres les plus célèbres prêtées par certaines des collections les plus importantes au monde.
Alighiero Boetti, Il Muro, Tornabuoni Art, Londres
Exposition jusqu’au 24 janvier 2017
En plus d’une sélection des cartes qui ont rendu Alighiero Boetti célèbre, cette exposition reconstitue l’œuvre maîtresse créée par Boetti appelée Il Muro : une collection d’objets que Boetti accrochait sur son mur à la manière d’un salon, et qu’il déplaçait avec lui de studio en studio. Elle comprend des objets trouvés et appropriés, ainsi que des œuvres originales de Boetti lui-même. Il Muro a inspiré de nombreuses nouvelles œuvres et s’est transformé au fil du temps en une œuvre d’art à part entière.
Alighiero Boetti - Il Muro, Tornabuoni Art, Londres, vue de l’installation, crédits photo de Tornabuoni Art
Pop pour le Peuple : Roy Lichtenstein à L.A., Skirball Cultural Center, Los Angeles
Exposition jusqu’au 12 mars 2017
Dans les années 1960, Roy Lichtenstein a approprié les points Benday, partie du langage visuel de l’impression, pour réaliser des peintures recréant des images de bandes dessinées. Sa vision transformatrice de ce que l’art pouvait devenir fut une force majeure dans l’esthétique du milieu du XXe siècle. En plus d’une sélection de ses peintures, cette exposition permet aux visiteurs de se promener à l’intérieur d’une reconstitution en trois dimensions grandeur nature de Chambre à Arles, une peinture de Lichtenstein de 1992 basée sur une œuvre antérieure de Vincent van Gogh.
Roy Lichtenstein - Étude de nuage - 1964, crédits photo de la succession Roy Lichtenstein
Francis Picabia : Nos têtes sont rondes pour que nos pensées puissent changer de direction, MoMA, New York
Exposition jusqu’au 19 mars 2017
Cette vaste rétrospective de la carrière de Francis Picabia rassemble plus de 200 œuvres couvrant près de cinq décennies, dont plus de 125 peintures, ainsi que des lettres personnelles, des publications, un film et plus encore.
Image en vedette : Francis Picabia - Tarentelle (détail), 1912, huile sur toile, Museum of Modern Art, New York
Par Phillip Barcio






